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Bilan des principales actions du Mouvement Montréal français en 2007

Chers membres, sympathisantes et sympathisants du Mouvement Montréal français,

Merci à tous celles et ceux qui nous ont aidé en travaillant bénévolement, qui ont participé à nos activités (rassemblement, manifestations, conférences), qui nous ont financé, qui ont fait des plaintes et qui ont diffusé l'information que nous vous transmettons.

Grâce à vous, en 2007 nous avons pu commencer à sonner le réveil et à agir pour contrer les reculs et faire du français la véritable langue officielle et commune dans la région métropolitaine de Montréal !

Mais ce n'est qu'un début. Il reste un travail énorme à faire. Si chacune et chacun de nous fait ce qu'il peut, selon ses disponibilités et ses intérêts, nous allons y arriver. Ensemble nous pouvons faire en sorte que 2008 soit l'année d'une véritable mobilisation massive de la société civile. C'est le seul moyen d'arriver à assurer l'avenir du français à Montréal et dans l'ensemble du Québec.

C'est donc avec beaucoup de fierté qu'au nom du MMF je vous souhaite une bonne année 2008, tout en français!

Mario Beaulieu

Président

Bilan 2007 des principales actions du Mouvement Montréal français !

La mobilisation : au centre de la stratégie du MMF

Dans un premier temps, l'équipe du MMF s'est concentrée à contacter ses nouveaux membres pour développer sa structure de mobilisation et ses équipes de travail. Des rencontres ont été effectuées avec différents organismes de la société civile. Les bénévoles téléphonistes sont également la clé de la mobilisation.

Pour susciter une participation citoyenne sans cesse grandissante et pour ramener la question linguistique dans les médias, nous organisons régulièrement des rassemblements de mobilisation. Ils visent à intégrer le plus de gens possible dans la mobilisation et le recrutement d'autres militantes et militants.

La campagne « Une langue à partager »

Le MMF a poursuivi la campagne de sensibilisation « Une langue à partager », lancée par un rassemblement qui s'est tenu au Théâtre Plaza en décembre 2006. Cette opération vise à mobiliser la société civile autour de l'objectif de faire du français la véritable langue officielle et commune dans la région métropolitaine de Montréal, enjeu crucial de la survie du français au Québec .

Des milliers de dépliants ont été distribués afin d'inciter les citoyens à poser des actions concrètes. La première action proposée consiste à toujours consacrer le temps et l'effort requis pour communiquer en français dans l'espace public, et ce, avec tout interlocuteur. Il s'agit là d'un geste d'ouverture et d'accueil. De plus en plus de citoyens doivent dénoncer le bilinguisme institutionnel qui s'est répandu dans les services publics et sur le marché du travail.

Une langue à partager dans les raisons sociales et les services commerciaux

Le 20 janvier 2007, après avoir participé aux pressions ayant incité Esso à ne pas rebaptiser du nom de « On the run » ses 54 dépanneurs au Québec, le MMf a effectué une distribution massive de dépliants et de tracts aux sorties des bouches de métro. L a prolifération des raisons sociales rédigées en anglais compromet le visage français de Montréal. Les tracts visent à promouvoir l'achat dans les commerces dont la raison sociale, l'accueil, l'affichage, les dépliants, les catalogues, les brochures, les sites Internet, la musique ambiante et la langue de travail sont en français !

Le MMF en tournée dans les cégeps et les universités

De plus, dans le MMF a effectué une tournée de conférences et de rencontres dans les cégeps et les universités de la grande région métropolitaine, et y a tenu des kiosques d'information. Plus d'une quinzaine d'institutions ont été visitées. Chaque fois, plusieurs étudiantes et étudiants se sont inscrits comme membres sympathisants pour participer à nos activités. Les jeunes n'ont à peu près jamais entendu parler de la question linguistique puisque la dernière mobilisation d'envergure a eu lieu en 1993 lors de l'adoption de la loi 86. Cependant, un grand nombre d'entre eux sont conscients de la présence envahissante de l'anglais à Montréal. Nous expliquons les avantages qu'il y aurait à appliquer la Loi 101 aux cégeps et à assurer un financement équitable des universités de langue française et anglaise. Les problèmes encourus par l'anglicisation galopante des programmes d'études supérieures sont également abordés. Nous les invitons à collaborer avec le MMF et plus spécifiquement à appuyer l'association étudiante du cégep Édouard-Montpetit et la coalition contre l'instauration d'un programme unilingue anglais au cégep Édouard-Montpetit.

Une langue à partager au travail

À la veille de la Fête des Travailleurs du 1er mai, environ 550 personnes ont participé au rassemblement du Mouvement Montréal français ayant pour thème « Une langue à partager au travail ». Ce rassemblement a eu lieu au théâtre Latulippe. Plusieurs dirigeants syndicaux ont pris la parole lors de cette assemblée, soit René Roy (secrétaire général de la FTQ), Claudette Carbonneau (présidente de la CSN), Réjean Parent (président de la CSQ) et Raymond Legault (président de l'Union des Artistes).

Le MMf considère qu'il est essentiel de remobiliser massivement les travailleurs pour faire du français la langue commune. Un des principaux objectifs de la loi 101 était de faire du français la langue normale et habituelle du travail. Trente ans plus tard, les études montrent que cet objectif est encore loin d'être atteint et qu'il y a eu des reculs à plusieurs égards.

Il est évident que la volonté politique de faire respecter le droit de travailler en français est absente. Dans ce cas, la seule voie pour faire du français la véritable langue publique commune est celle de la mobilisation des composantes de la société civile, celle de la rue.

Non à l'anglicisation des cégeps français !

Le MMF appuie le combat des étudiants et du personnel du cégep Édouard-Montpetit pour maintenir son statut d'institution de langue française. Nous avons tenu une conférence de presse le 11 juin, ou une déclaration contre l'instauration d'un programme entièrement en anglais (en entretien d'aéronefs) dans ce cégep, conjointement avec Syndicat des professeurs (SPPCEM), du Syndicat du personnel de soutien (SPSCEM) et de l'Association générale des étudiants du collège Édouard-Montpetit (AGECEM), la Confédération des Syndicats nationaux (CSN), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et des organismes pour la défense du français tel que la SSJBM et Impératif français. D'autres interventions ont été effectuées à divers niveaux. La bataille est loin d'être terminée.

Le MMF à la marche suivant le défilé de la Fête nationale

Le Mouvement Montréal français s'est joint aux marcheurs suivant le défilé de la Fête nationale pour une seconde fois en 2007. Cette année, l'équipe de bénévoles a distribué de près de 5000 dépliants et scandé des slogans pour promouvoir l'usage du français en tant que langue publique commune, permettant ainsi de faire plusieurs nouveaux adhérents.

Grande Marche à l'occasion du 30e anniversaire de la Charte de la langue française

Pendant l'été, l'équipe du MMF s'affairait à organiser un rassemblement et une marche pour l'application rigoureuse et le renforcement de la Loi 101, à l'occasion du 30e anniversaire de son adoption , le 26 août 2007. Quelques jours avant l'événement, la cour d'appel déclarait inconstitutionnelle un article de la Charte de la langue française (introduit par la loi 104), qui empêchait certains élèves d'acheter l'accès à l'école anglaise publique par un bref séjour dans une école anglaise privée non subventionnée. Ce jugement a été émis seulement en anglais par le juge Allan R. Hilton, un ancien avocat un ex-procureur pour Alliance Québec.

Plus de deux mille personnes ont marché avec le Mouvement Montréal français le long de la rue St-Denis et de la rue Sherbrooke. Plusieurs orateurs sont venus prendre la parole à cette occasion, dont les présidents des grandes centrales syndicales, des personnalités du milieu artistiques et de divers partis politiques.

Cette manifestation a sans doute contribué à ce que quelques jours plus tard, le juge de la Cour d'appel André Rochon suspende l'exécution du jugement touchant la loi 104 jusqu'à l'éventuelle décision de la Cour suprême, en invoquant une question d'ordre public afin d'éviter un « chaos administratif et juridique » à la veille de la rentrée scolaire.

Le gouvernement doit appliquer l'article 1 de la Loi 104

Le 4 septembre 2007, par voie de communiqué, le MMF a également interpellé la ministre responsable de l'application de la Loi 101, Christine St-Pierre, afin qu'elle mette en vigueur l'article 1 de la Loi 104, qui avait été adopté à l'unanimité par l'Assemblée nationale en 2002. Cet article reprenait une disposition de la Charte originale, établissant l'usage exclusif de la langue officielle dans les communications écrites de l'Administration avec les personnes morales établies au Québec.

L'opération « Tasse pas ma langue ! » pour la francisation de « Second cup »

Le MMF a effectué l'opération « Tasse pas ma langue ! » pour faire pression sur la chaîne de cafés Second Cup, qui, depuis quelques mois, procédait graduellement à la modification de ses enseignes commerciales pour revenir à une version unilingue anglaise. Une manifestation a donc été organisée le 15 octobre devant un des Second Cup qui a défrancisé complètement sa bannière commerciale. La campagne vise aussi les autres commerces à dénomination anglaise, tels que les Starbuck coffee.

En réaction à cette manifestation, le président de Second Cup, M. Bruce Elliot, a déclaré « Nous prenons acte des préoccupations formulées dernièrement par la communauté et nous revoyons actuellement la situation concernant notre affichage extérieur. » Nous n'avons pas encore vu de changement. Il est donc à prévoir que d'autres démarches seront effectuées par le MMF pour franciser les « Second cup » au Québec.

Manifestation pour le français à l'ADISQ

Le MMF a tenu une manifestation le 28 octobre à l'entrée du Gala de l'ADISQ, devant le théâtre Saint-Denis. Plusieurs médias écrits avaient mentionné que le nouveau président de l'ADISQ, Paul Dupont-Hébert, avait l'intention d'ouvrir éventuellement l'ensemble des catégories du gala en ondes aux artistes québécois qui chantent en anglais. Non seulement les artistes se produisant en langue anglaise pourraient continuer à viser les JUNO, mais ils seraient désormais admissibles à tous les FELIX ! (Qu'en dirait Félix ?). Le président de l'ADISQ a répliqué en disant qu'il avait été mal cité, mais il n'a pas voulu émettre de communiqué à cet effet. Le MMF considère qu'il est essentiel que l'ADISQ poursuive sa mission de promotion de la chanson francophone. Les artistes qui chantent en anglais sont déjà reconnus par deux prix lors des galas de l'ADISQ, cela devrait suffire amplement.

Bataille cruciale pour la relance du dernier hôpital francophone de l'ouest de l'île

Le Mouvement Montréal français a participé à la manifestation pour la relance du dernier hôpital francophone de l'ouest de l'île, devant l'Assemblée nationale, le 31 octobre. Le MMF appuie le comité de la Relance et les médecins de l'Hôpital de Lachine, qui ont effectué une lutte acharnée pour sauvegarder et développer le dernier centre hospitalier francophone de l'ouest de l'île de Montréal.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, a annoncé que l'ouverture aux ambulances se fera de façon graduelle à compter de la fin du mois de janvier prochain, jusqu'à l'atteinte des volumes d'activités antérieurs. Mais, monsieur Couillard a insisté sur la participation de l'Hôpital de Lachine au Réseau universitaire intégré de santé (RUIS) de l'Université McGill et le McGill University Health Center (MUHC).

Une bataille majeure se profile pour que l'Hôpital de Lachine retrouve sa pleine autonomie, car nous venons d'apprendre que le MUHC propose l'incorporé directement à ses services, impliquant des communications internes essentiellement en anglais et donc la perte du seul hôpital francophone dans l'ouest de l'île de Montréal.

La campagne « press nine » pour débilinguiser les services publics

Le 9 novembre, le MMF, conjointement avec Impératif français, a tenu une conférence de presse au cours de laquelle on pouvait voir une douzaine de militantes et de militants en action pour engorger et bloquer les systèmes interactifs de réponse téléphonique débutant par « press nine » ou « english will follow » Une cinquantaine d'autres militants ont téléphoné à partir de chez eux en rafale dans 9 ministères québécois et plusieurs services municipaux montréalais pour leur rappeler la politique linguistique gouvernementale quant aux messages d'accueil téléphonique.

Suite à cette opération, l'Office de la protection du consommateur, ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale et la Commission des relations du travail ont modifié leur message téléphonique pour le rendre conforme à la politique linguistique. Des lettres ont été expédiées en décembre dernier, demandant au premier ministre, aux Chefs de l'opposition, et à tous les députés de se prononcer clairement et d'intervenir pour faire respecter le statut du français en tant que langue officielle et commune dans tous les établissements publics.

Le cas des répondeurs téléphonique a été ciblé, mais que ce n'est que la pointe de l'iceberg de l'anglicisation de l'État du Québec. Nous sommes à la veille d'une nouvelle offensive dans ce dossier.

Le Mouvement Montréal français à la Commission Bouchard-Taylor

Le MMF a présenté son mémoire à la Commission Bouchard-Taylor le 26 novembre. Le MMF considère que le Québec doit se libérer de son vieux réflexe de minoritaire et faire du français la véritable langue publique commune. Le statut du français comme langue officielle et commune du Québec est présenté par le gouvernement et la commission comme étant une valeur fondamentale et non négociable. Mais dans les faits cette valeur « fondamentale » est largement bafouée. Plusieurs membres du MMF ont participé à la commission. Notamment, ils sont allés s'exprimer en français au forum public en anglais, soulignant qu'une langue officielle commune est aussi le fondement de la cohésion sociale et de l'égalité entre tous les citoyens au Québec. En contradiction avec ce principe rassembleur et inclusif, la Commission Bouchard-Taylor s'est déroulée de façon bilingue tout au long de son parcours, et a ghettoïsé les anglophones en leur réservant un forum séparé.

La marche « Le père Noël en français ! » en Outaouais et au centre-ville de Montréal

Le MMF a collaboré à l'opération J'achète en français ! afin d'inciter les consommateurs faisant leurs emplettes des Fêtes à privilégier les commerces d'ici où tout est en français. Cette action s'est fait de façon conjointe avec Impératif français le samedi 24 novembre devant trois centres commerciaux des secteurs de Gatineau et d'Aylmer.

Le samedi 1er décembre, plusieurs douzaines de Pères et Mères Noël ont effectué une marche sur la rue Sainte-Catherine pour inviter la population à s'offrir la langue française en cadeau. Ils ont distribué des lettres de souhaits aux commerçants pour qu'ils respectent le statut du français en tant que langue publique commune à Montréal.

Le MMF demande la publication des études censurées par la ministre St-Pierre

Le MMF est intervenu par la voie d'un communiqué conjoint avec la SSJBM, pour dénoncer la censure directe, par la ministre St-Pierre, de certaines des études de l'Office québécois de la langue française, pour appuyer sa vision jovialiste de la situation du français. Ses études sont toujours tenues « secrètes » alors que la ministre continue de s'y référer pour dénier la récente enquête du Journal de Montréal sur la difficulté d'être servi en français au centre-ville de Montréal.

Les francophones minoritaires à Montréal : le MMF demande une application rigoureuse et un renforcement de la Loi 101

À la suite de la publication des données du recensement de Statistique Canada de 2006, le 4 décembre, le MMF a effectué des interventions médiatiques pour souligner que la proportion de citoyens de langue maternelle française est tombée en dessous de 80 % dans l'ensemble du Québec et sous le seuil de 50 % sur l'île de Montréal. Les résultats du recensement confirment la nécessité d'une application rigoureuse et d'un renforcement de la loi 101. La Charte a subi plus de 200 amendements qui ont eu pour effet de rétablir le bilinguisme institutionnel et de contrecarrer la progression du français au Québec.

Le MMF somme le gouvernement de faire respecter le droit d'être soigné en français à Montréal

Le MMF et la SSJBM ont présenté le 20 décembre, en conférence de presse, plusieurs témoignages de citoyens sur des situations inadmissibles dans les hôpitaux du Réseau universitaire intégré de santé (RUIS) de l'Université McGill et le McGill University Health Center (MUHC). Ces institutions de santé de statut dit « bilingue », sont en fait des institutions essentiellement anglophones qui emploient des internes ou d'autres intervenants unilingues anglais. La propagation de ces institutions menace la sécurité des Montréalais. À cet égard, l'établissement du mégahôpital de McGill représentant l'équivalent d'un stade olympique en investissements publics, serait dévastateur.

Le MMF en campagne de financement

Afin de rendre possible la réalisation de ses activités, le MMF a organisé un coquetel de financement. Les fonds amassés sont destinés à la publicité, la location de salles et d'équipement, à la correspondance, etc. Comme pour toute organisation, le financement est définitivement au cœur de notre succès.

Parution du bulletin électronique

Le bimensuel électronique du MMF paraît de façon indéfectible. C'est un moyen régulier, rapide et moderne de communiquer avec les membres et sympathisants du MMF.

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