Reçu de Luc Archanbault, peintre, sculpteur, performeur et céramiste le 9 juillet 2010, copie envoyée au Journal de Québec et au Devoir.
Ne pas « mélanger politique et divertissement » Daniel Gélinas | FEQ-Festival d'été de Québec (Michelle Coudée-Lord, Journal de Québec, le 8 juillet 2010 - FESTIVAL D'ÉTÉ DE QUÉBEC - Trop de groupes anglophones?)
Depuis quand le divertissement n'est-il pas politique? Depuis quand la culture du divertissement n'est pas partie intégrante de la vie de la Cité ( en grec ancien πόλις / pólis ; « cité » )? Depuis quand le divertissement culturel ou sportif est-il neutre, indifférent? Certainement pas depuis qu'excitent la LNH, la Coupe du monde de soccer, ou le « divertissement » olympique. Chaque Cité et nation y participant pour construire, magnifier et glorifier leurs concurrentes identités culturelles, économiques et politiques ; pour accroitre leur hégémonies respectives dans leurs propres sphères géopolitiques d'influence. Et nous, il faudrait, une fois encore, ouvrir notre Cité à l'envahisseur, sans offrir aucune résistance... politique, artistique et culturelle sous prétexte de vendre du divertissement. Vraiment!?
Si le divertissement culturel de la chanson était neutre, la française ne serait pas menacée comme le prétend Dominique Goulet, la nouvelle programmatrice du Festival d'été, dans l'article du Devoir d'Isabelle Porter titré « La chanson française a peu d'avenir ». Faudrait savoir!? Le FEQ aurait intérêt à enligner ses flûtes propagandistes.
Certes, la chanson française n'a pas d'avenir défendues par de si piètres et démissionnaires partisans. Si le divertissement n'était pas politique, la francocantophonie serait partie de ce qui est diffusé partout dans le monde et notamment aux États-Unis, en Angleterre et au Canada anglais. Si ce n'est pas le cas, c'est qu'il s'agit bien de discrimination protectionniste fondée sur la langue chantée, une pratique, un choix politique. Elle n'est pas neutre la langue de la chanson. Elle ne l'a jamais été. De Bach à Wagner en passant par Verdi, Haendel, ou Bizet, la langue chantée révèle un contenu accessible seulement locuteur de chaque langue chantée, à telle enseigne que les surtitres sont maintenant généralisés à l'opéra. Pourquoi ? Parce que la langue est partie de ce qui est véhiculé dans la chanson classique ou populaire et donc partie de la culture, de l'identité culturelle, économique et politique de ses producteurs et usagers.
Ne pas vouloir mélanger politique et divertissement est un leurre qui se trouve à être, en soi, un parti-pris politique occulte, puisqu'il refuse de dire son nom. En l'occurrence, un parti-pris politique de la démission, du refus de combattre, sous tous fallacieux prétextes. Un parti-pris politique en faveur de la raison du plus fort, de l'assimilation supposée inéluctable. Un parti-pris favorable à l'anéantissement de la diversité culturelle de l'humanité, notamment dans l'Amérique française.
Ici, il ne faudrait pas « mélanger politique et divertissement », alors qu'ailleurs ce tout est inextricablement lié. La chanson française, pas plus que la musique du monde, ne passe pas aux États-Unis. On n'aurait pas idée de faire un Festival d'Été de l'importance du FEQ à Boston ou Los Angeles avec 60% de contenu autre que produit par les États-Unis, en anglais, à moins de dédier un festival marginal à la « musique du monde ». Pourquoi ? Parce que le divertissement culturel et éminemment politique, parce qu'il participe à l'hégémonie impérialiste, économique et géopolitique des États-Unis. Tout sort, mais rien ne rentre qui ne soit pas remâché, digéré, assimilé par la machine de l'entertainment étatsunien, et ensuite régurgité, vomi ou chié en anglais partout dans le monde, sans complexe.
« Je trouve cela un peu injuste de nous attribuer la responsabilité de sauvegarder la chanson francophone. » Injuste !? Pourquoi donc ?
« Le festival attire du monde parce que l'événement reflète tout ce qui se passe en musique dans le monde » Vraiment!? Alors où sont les chants bulgares, berbères, la musique indienne, l'opéra chinois, la musique du monde.
L'hégémonie anglocantophone est surreprésentée, ce qui ne présente pas « tout ce qui se passe en musique dans le monde », pourquoi donc?
« Je vous offre 100 $ si vous trouvez un artiste francophone qui pourrait remplir les Plaines » nous dit Dominique Goulet toujours dans Le Devoir. Il n'y en a pas beaucoup!? Et après, quel est le problème!? On en met plusieurs et les Plaines fédérales ( une honte ) se rempliront à coup sûr. La question n'est pas là... Mission touristique !? Pourquoi devrait-elle obligatoirement se faire en anglais ? Les commanditaires !? Pourquoi y aurait-il des problèmes à commanditer un Festival majoritairement de langue française dans un État de seule langue officielle française ? Le fédéral cesserait de le commanditer? Ha bon!
Une telle logique défendue bec et ongle par la direction actuelle du Festival d'été fait fi du succès de la Superfrancofête dont il est un avatar aujourd'hui indigne. À quoi servent donc les quotas radio, télé, cinéma, à quoi servent les lois sur les versions postsynchronisées, à quoi sert la défense de la diversité culturelle si à Québec, berceau de l'Amérique française, capitale nationale de l'État du Québec de seule langue officielle française, le Festival d'été de Québec n'est pas le fer de lance de la défense et illustration de ce que nous sommes et de la grandeur de cette diversité culturelle à laquelle nous tenons, pour survivre. Si nous devenons une attraction américaine de plus, majoritairement voire exclusivement de langue anglaise - 60% de langue anglaise aujourd'hui - à quoi bon la Loi 101, la protection de notre langue, la reconnaissance de la nation québécoise?
Qui dit qu'il faut exclusivement présenter de la chanson française? Personne. Par contre, l'excès de zèle clientéliste anglophilique de la direction actuelle a dépassé les bornes. La présente dérive dopée par la bienvenue venue de Sir Paul est manifeste. 8 artistes anglocantophones sur les Plaines pour 3 francocantophones, 73%. « ... le volet anglophone compte pour environ la moitié du contenu québécois présenté au Festival. » ( Isabelle Porter « La chanson française a peu d'avenir » Le Devoir - 8 juillet 2010)
À quand des quotas radios, télé, cinéma, permettant l'exact contraire de la situation actuelle, tel que le pratique les AnglosCrazies de Québec? À quand l'école anglaise pour tout le monde... Enfin semble-t-on dire !? À quand la mise au rencart de la Loi 101?
Le beau et vaillant cheval de Troie n'est plus sur la plage, parce qu'il s'est trouvé des Troyens pour dire que c'était là un cadeau des grecs, supposés défaits et rentrés dans leurs terres.
Le Cheval est maintenant dans nos murs. Le massacre est imminent.
Luc Archambault, peintre, sculpteur, céramiste et citoyen
Auteur du Mot de bienvenue d'un artiste québécois à Sir Paul McCartney - Lettre ouverte - 2008 07 15
« « Je trouve cela un peu injuste de nous attribuer la responsabilité de sauvegarder la chanson francophone. » [...]
« « Je ne sais pas d'où ça sort, mais ce n'est pas notre mission. Le festival attire du monde parce que l'événement reflète tout ce qui se passe en musique dans le monde et ça inclut des stars américaines, qui en passant, adorent venir donner leurs spectacles sur les Plaines. On ne questionne jamais les autres festivals à Montréal et on ne leur demande pas de ne jouer que des artistes francophones. » » [ Daniel Gélinas ]
« « Au début, quand le festival invitait un gros nom américain, je trouvais ça sympathique, mais là y'en a trop. On n'a pas besoin d'encourager l'industrie culturelle américaine. Que le Festival de jazz invite des artistes venus du monde, ça va, c'est du jazz, mais je persiste à croire que le Festival d'été de Québec devrait encourager les artistes d'ici au lieu d'aider à faire vivre du pop commercial » Un virage nécessaire ? Paul Piché croit que l'on peut assurer la notoriété du Festival d'été de Québec autrement qu'en faisant la chasse aux stars américaines. » (Michelle Coudée-Lord, Journal de Québec, le 8 juillet 2010 - FESTIVAL D'ÉTÉ DE QUÉBEC - Trop de groupes anglophones?)
Vous pouvez faire la différence!
Abonnez-vous au Bulletin du MQF.
Commentaires récents
il y a 1 semaine 3 jours
il y a 2 semaines 5 heures
il y a 2 semaines 2 jours
il y a 2 semaines 2 jours
il y a 2 semaines 2 jours
il y a 2 semaines 2 jours
il y a 3 semaines 3 heures
il y a 3 semaines 6 heures
il y a 3 semaines 3 jours
il y a 3 semaines 1 jour