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Forum : Libre opinion: Évolution du français des 50 prochaines années

Prenons conscience de l’évolution de notre monde francophone. A partir des tendances et orientations actuelles, on peut facilement imaginer la situation du français d’ici une cinquantaine d’années. Pour illustrer mon propos et marquer les esprits, je choisis la France comme exemple.

On constate tout d’abord que le fait français n’est plus une priorité des grandes compagnies françaises internationales. Cette tendance s’est accentuée avec la multiplicité des échanges entre les filiales et les maisons-mères et les systèmes de communication partagés qui rendent difficiles le maintien de plusieurs langues. On peut donc le dire, à terme, aucune entreprise d’envergure internationale n’utilisera le français à l’interne si ce n’est déjà fait. Et ceci a forcément des répercussions sur le territoire national avec une réduction de l’utilisation du français, notamment écrit, à l’interne entre collègues. A cela s’ajoute le recrutement qui est maintenant mondialisé. De plus en plus la connaissance du français va devenir optionnelle si le poste à occuper à un caractère international et si on privilégie les connaissances et l’expérience. Ainsi les dirigeants sont nommées indépendamment de leur attachement ou connaissance du français. Ceci va donc à terme créer des ilots à l’intérieur des pays francophones dans lesquels le français n’a plus sa place. C’est déjà le cas au Québec malgré la loi 101 qui est du reste bien affaiblie.

Parlons maintenant de l’éducation. Comme les élites et dirigeants cautionnent cette tendance du tout anglais, le message est clair. Pour accéder à certains postes, certaines responsabilités, l’anglais devient la priorité. Déjà les écoles de commerce les plus renommées, sans vergogne, proposent des cursus tout en anglais. Sous prétexte d’attirer les étudiants étrangers et d’être à armes égales avec les autres écoles de commerce à travers le monde (US mais aussi l’Espagne par exemple). On peut prévoir que cette tendance va s’accentuer dans d’autres domaines. Pourquoi s’embêter à enseigner les sciences en français puisque toutes les publications s’écrivent en anglais. Aujourd’hui on pourrait presque dire qu’aucune création technologique ou scientifique ne porte un nom autre qu’anglais. Les chercheurs français eux-mêmes utilisent un terminologie anglaise pour nommer leur invention.

Dans les grandes universités françaises, des professeurs invités de divers pays viennent et ces échanges sont importants. Et par le passé, on était sans doute assuré d’avoir les meilleurs professeurs étrangers avec une connaissance suffisante du français, langue prestigieuse. Mais tous comme les grandes entreprises, cela ne tiendra plus. Pourquoi un chercheur américain s’embêterait-il à apprendre le français pour venir à la Sorbonne ou ailleurs. Là encore tenant compte de la compétition internationale, cela ne tient plus.

Du coup, les étudiants vont devoir suivre de plus en plus de cours en anglais, au début dans des domaines spécialisés puis petit à petit, cela va s’étendre à des matières plus générales dès le début du cursus universitaire. Sous prétexte de se donner toutes les chances de réussites. Et la le cercle vicieux s’installe : si des lycéens veulent intégrer les écoles prestigieuses, l’anglais va les préoccuper. Alors de filières spéciales innovantes vont être testées avec certaines matières enseignées en anglais. Et là nous n’aurons plus les matheux et les autres, on aura les «fluent» et les autres.

Nous ne parlerons pas ici de l’intrusion incessante de l’anglais dans la société au travers de la publicité, des films ; réalité décidée non pas par la société elle-même mais par des gourous du marketing et élites qui ne nous ont jamais demandé notre avis.

Une fraction de la classe politique est satisfaite de cette situation et contribue à cette tendance. On le voit déjà dans certaines déclarations : le rêve du bilinguisme…. Et nous allons y arriver. Et devenir comme les pays nordiques. Le français ne sera plus qu’une langue sociale, de salon, une langue privée. Même plus élitiste mais folklorique. Bien le parler ne sera plus «in», cela n’apporte aucune plus-value : faisons des économies. L’aura du français est déjà disparue mais dans 50 ans, ce sera une curiosité.

Je le vois et je demande simplement à chacun d’entre nous d’en prendre conscience. Je n’accepterai pas que l’on dise plus tard : je ne m’en suis pas rendu compte. Chacun de nous participe à cette évolution mais peu en sont conscients ou peu se rendent compte de l’ampleur. Si c’est notre choix collectif : très bien. Sinon réveillons-nous. L’autodétermination d’un peuple a-t’elle encore un sens aujourd’hui? Ou préférons-nous la domination diffuse mondiale d’un mode de pensée, d’un système, d’une langue. Allons-nous répéter les mêmes erreurs qui ont été faites : pour l’environnement, les espèces animales et végétales, les peuples, les langues? On ne parle plus de guerre, d’oppression, de colonisation. Les moyens utilisés sont civilisés et «démocratiques» donc jamais dénoncés : communication, marketing, décisions politiques, batailles commerciales. Mais le résultat est le même : perte de territoire, de langues, extinction de la diversité culturelle, extinction des peuples. Nous sommes passés du jeu d’échec basé sur les affrontements directs au jeu de GO où l’adversaire presque invisible nous prend par surprise en nous englobant dans son immense territoire.

A bon entendeur… Salut.

Le cause du déclin est nous-même

Soumis par Mazinger Z le 19 août 2010 - 22:32.

Si les francophones auraient plus de fierté pour leur langue et l'utiliseraient partout là où ils le peuvent, le français s'en porterait que mieux. Ça prendrait de grandes réalisations faites par de fier défenseurs de la langue française car là, on donne l'impression au monde que plus rien ne se fait en français. Et nous en sommes en partie responsable.

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