Il y a quelques semaines, le vérificateur général du Québec constatait « que le gouvernement Charest ouvre toutes grandes les portes du Québec aux immigrants sans tenir compte de la capacité de l’État à les intégrer sur le plan de l’emploi* ».
Je ne suis pas un spécialiste de la question, mais j’ai une bonne connaissance pratique du domaine. Voici quelques pistes de solution pour que désormais les immigrants s’intègrent davantage à part entière au Québec.
Je sais que le fait d’être dépendant du fédéral dans ce dossier est un handicap majeur pour une intégration à la Québécoise des immigrants, mais même dans le régime fédéral actuel, le gouvernement québécois peut améliorer les choses, quitte à provoquer une crise constitutionnelle majeure et en appeler au peuple pour trancher.
Je ne comprends pas pourquoi les autorités gouvernementales acceptent 50 000 immigrants par année sans s’assurer d’avoir en place un bon programme de sélection, de francisation, de régionalisation et d’intégration. Il faut donc réduire radicalement ce nombre d’immigrants jusqu’à ce que des ajustements majeurs soient apportés à ce programme. À cet effet, je me pose deux questions : 1. Le gouvernement Charest a-t-il un « vrai » programme de sélection, de francisation, de régionalisation et d’intégration des immigrants? 2. Est-ce que la non-intégration de ces nouveaux Québécois, c’est à dire trop souvent le non-apprentissage du français, l’ignorance des valeurs et des us et coutumes québécois, le chômage, le déclassement professionnel, la désillusion, le rêve brisé ne seraient pas avantageux électoralement pour le gouvernement Charest? Avantageux en ce sens que plusieurs immigrants demeureraient davantage confinés dans des ghettos, adopteraient davantage le multiculturalisme canadien et sa langue anglaise et voteraient nécessairement libéral?
Autre volet, l’exigence de la connaissance du français en faisant sa demande. Pour obtenir sa citoyenneté québécoise (oui, j’ai bien dit québécoise), désormais le gouvernement du Québec exigerait de tout nouveau citoyen une bonne connaissance du français. Et pour y arriver, fournirait gratuitement aux immigrants toute la gamme des outils pour que tous accèdent à cette connaissance obligatoire. Cette nouvelle exigence pour obtenir sa citoyenneté québécoise permettrait au gouvernement de recruter davantage de candidats en Amérique latine, en Europe de l’Est, voire même en Asie, des populations probablement plus aptes à s’adapter et à s’intégrer à la société québécoise. Misant aussi, pourquoi pas, sur une immigration plus jeune, on augmenterait les probabilités d’une meilleure intégration à la langue et d’une meilleure adaptation aux valeurs et aux us et coutumes québécois.
L’intégration des immigrants, ce n’est évidemment pas seulement l’apprentissage de la langue. Il faudrait rétablir les COFI (Centres d’orientation et de formation des immigrants), les adapter aux exigences d’aujourd’hui et investir ce qu’il faut pour qu’ils réussissent à bien intégrer les immigrants, et ce, prioritairement en région. Ceci comprendra évidemment d’avoir le courage d’affronter certaines des résistances inacceptables des ordres professionnels.
Enfin, pour revenir à la question de la langue, le gouvernement devra rétablir l’essentiel de la Charte de la langue française adoptée en 1977. C’est-à-dire, que le français est la seule langue officielle, la langue commune, la langue de travail, la langue d’affichage au Québec. En y ajoutant que le cégep sera désormais en français pour tous sauf pour la « minorité » anglophone. En rééquilibrant le financement des universités et hôpitaux de Montréal pour tenir compte de la population réelle anglophone/francophone, ce qui veut dire notamment d’annuler la construction du méga chu de Mc Gill.
En conclusion, le message doit être clair et accueillant pour les immigrants : « Vous êtes les bienvenus au Québec. Vous avez beaucoup à apporter à la société d’accueil et nous avons beaucoup à vous apporter. Le Québec s’engage à mettre tout en œuvre pour que votre intégration québécoise soit complète et réussie. Et, au Québec, c’est en français que ça se passe! »
*Journal Métro, 13 mai 2010 sous le titre : Des lacunes dans l’intégration des immigrants.
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