Forum : Extraits du roman : La maudite Québécoise

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Roman de Janis Locas basé sur le journal de bord d’une Québécoise embauchée par l’hebdomadaire franco-manitobain de Saint-Boniface. Les Éditions Triptyque de Montréal.

NDLR. À lire pour mieux comprendre la situation des francophones hors Québec, l’état de leur langue, leur rapport au gouvernement fédéral et leurs sentiments à l’égard de la « mère patrie », le Québec.

P. 215 : - « Arrive en forme, car les résultats du dernier recensement vont sortir fin août et ce sera la commotion, ici. » - « Ah oui… l’assimilation. » - « On n’utilise pas le mot assimilation, ici. On reste positif. »

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P. 55 : C’est alors qu’elle se rend compte de l’étonnante réalité : le Québécois n’est pas un Franco. Alors qu’il se pense le roi du continent, une partie de son royaume s’est décroché au fil des décennies et fait aujourd’hui fi de ses airs de supériorité. (…) La notion de francophone désigne bien la dispersion des francophones dans tout le pays, mais exclut tacitement ceux de la région Q, même s’ils en composent la majorité. De nos jours, pour être un Franco, il faut vivre encerclé de milliers d’Anglos et lutter tous les jours de sa vie contre les désastres du prochain recensement.

P. 149 : À l’extérieur, on entend faiblement Francine promettre à Liza (NDLR. La directrice du journal.): « N’inquiète-toi pas. L’article sera prêt par demain. Peut-être même je serai complètement finie aujourd’hui. »

P. 151 : « Gen, un appel du 450. Je pense que la perrrsonne serait intéressée dans ton poste. Peux-tu faire certain de vendrrre un peu de salade? Je te transfère? »

P. 198 (NDLR. Extrait d’une pièce de théâtre franco-manitobaine) : « Après, y a les Québécois. Pis y vous font chier parce qu’ils viennent voler vos jobs. Y viennent s’installer icitte, mais y ont pas la culture des Francos-M à cœur, pis y sont pas icitte longtemps. Y prennent de la place pis y parlent fort. (…) Vous les voyez comme des opportunistes qui savent pas vivre, qui savent pas comment les choses marchent icitte. C’est jusse une gang de chialeux qui critiquent tout’ pis qui se contentent pas de vivre dans votre petit monde imaginaire rose gomme balloune, pis ça, ça vous fait chier. »

P. 208 : - « Tu es la nouvelle journaliste du Franco, non? – « Ça alors! les nouvelles vont vite. – « Aah! C’est une petite communauté, ici. Je m’appelle Vincent Lesage. Tu viens d’où? » - « De l’Est*, comme on dit! » - « J’avais compris. D’où exactement? » - « De Laval. »

P. 208 : - « Tu es journaliste, toi aussi? » -« Eh oui, comme pas mal de jeunes qui viennent ici. Il n’y a pas de main-d’œuvre locale en communication. Le français est trop … faible. »

P. 215 : - « Arrive en forme, car les résultats du dernier recensement vont sortir fin août et ce sera la commotion, ici. » - « Ah oui… l’assimilation. » - « On n’utilise pas le mot assimilation, ici. On reste positif. »

*NDLR. Tout au long du roman, et comme dans la réalité, les Franco-manitobains parlent constamment de l’Est et des gens de l’Est pour désigner le Québec et les Québécois, deux mots devenus tabous.

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