Marie-Ève Proulx, 24 Heures, 7 janvier 2009.
Se disant victimes de la loi 104, les écoles anglophones de Montréal ont lancé jeudi une offensive médiatique contre leurs consœurs francophones afin de mettre le grappin sur une partie de leur clientèle.
NDLR. Voir aussi la vidéo de « promotion » de la Commission scolaire English Montreal.
La Commission scolaire English-Montréal (CSEM) a en effet annoncé, dans le cadre d’une conférence de presse uniquement en français, qu’elle redoublera d’efforts cette année pour tenter de convaincre les élèves éligibles à l’enseignement en anglais d’opter pour ses services, plutôt que pour ceux des commissions scolaires francophones.
Confrontée à une baisse d’environ 900 élèves par année, notamment à cause de la loi 104, la CSEM veut démontrer que ses élèves peuvent être « aussi à l’aise en français qu’en anglais en étudiant dans un environnement bilingue. »
« La qualité de l’enseignement de la langue française dans les écoles anglaises est aussi bonne que dans les écoles françaises, puisqu’on se base sur le même programme du Ministère. Les Québécois ne doivent pas avoir peur d’envoyer leurs enfants dans les écoles de notre commission scolaire », explique Angela Mancini, présidente de la CSEM.
« C’est une richesse de plus que l’on donne à nos enfants en leur permettant d’apprendre dans les deux langues officielles dès la première année. Ça leur ouvre plus de portes pour l’avenir », renchérit-elle.
Selon Mme Mancini, quelque 10 000 écoliers inscrits à l’école francophone pourraient fréquenter un établissement anglophone.
Achat de publicités francophones
En plus d’accentuer sa présence dans les différents médias francophones de la métropole au cours des prochaines semaines, la Commission scolaire English-Montréal diffusera sur YouTube une vidéo de promotion dans la langue de Molière « pour montrer que le français fait tout la différence dans les écoles anglaises ».
La loi 104, instaurée par le gouvernement québécois en 2002, a reconnu aux immigrants le droit d'envoyer leurs enfants dans des écoles anglophones publiques, après les avoir inscrits dans des institutions privées non subventionnées durant une courte période de temps.
En octobre dernier, la Cour suprême du Canada a toutefois invalidé le jugement et donné un an à Québec pour le modifier.
Pour qu'un élève ait accès à l'enseignement en anglais, au Québec, il faut normalement qu'un de ses parents ait déjà fréquenté une école anglophone au Canada.
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