Christian Rioux, Le Devoir, 4 décembre 2009.
NDLR. Voici la conclusion de l'article. Pour lire l'article.
(...) Rien ne serait plus grave que de prétendre, comme le font certains élus complètement autistes, que le problème n’existe pas et que l’immigration massive qu’ont connue nos sociétés est une sinécure. Cette surdité est encore plus criminelle dans un pays comme le Québec, où la pérennité du français n’est pas garantie, notamment à Montréal.
D’ailleurs, l’expérience québécoise est riche en leçons sur ces questions. Le Québec n’a pas toujours été un havre de paix en matière d’immigration. Qui se souvient des émeutes de Saint-Léonard durant lesquelles, en septembre 1969, francophones et italophones en étaient venus aux mains dans les rues de la métropole ?
Or ce n’est pas le déni que pratiquaient les gouvernements québécois de l’époque ni les politiques multiculturelles d’un Pierre Trudeau qui avaient permis de ramener la quiétude. C’est le courage de démocrates comme René Lévesque et Camille Laurin, qui contribuèrent à rassurer la population en confortant la culture et la langue de la majorité, seul gage d’un accueil et d’une intégration réussie des immigrants.
Hier comme aujourd’hui, il n’y a rien de plus dangereux que la surdité des élites.
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