Libre opinion - « For service in french... »

Marc-André de Bellefeuille, Montréal, Opinion, Le Devoir, 2 octobre 2009.

« Pierre Curzi a raison lorsqu'il écrit: « Le jour où Montréal basculera vers l'anglais de façon définitive, c'est tout le Québec qui basculera. » (Le Devoir, 1er octobre 2009). Comme on nous le claironne à propos du réchauffement climatique, ce jour pourrait venir plus vite que l'on croit et la situation s'avérer irréversible si rien n'est fait.

Or, les signes avant-coureurs sont manifestes. Mais la solution que propose M. Curzi, soit le retour des francophones qui ont quitté Montréal, est à la fois insuffisante, vraisemblablement irréalisable, pour ne pas dire carrément farfelue. C'est toute une mentalité complaisante, celle du « press nine », depuis les services gouvernementaux jusqu'au dépanneur du coin, qu'il faut renverser. Et même là, tant et aussi longtemps que les institutions anglophones, McGill, Concordia, Dawson, Royal Vic, etc. auront pignon sur rue au centre-ville, Montréal demeurera ce qu'elle est, une ville bilingue vouée à l'anglicisation. Puisque l'idée d'exproprier, de déplacer, de reloger ces institutions aux confins de l'ouest de l'île est de toute évidence indéfendable, j'ai bien peur que le compte à rebours soit plus qu'enclenché, que les carottes soient cuites. « For service in French, press zero. »

Source.

C'est ça qui m'énerve au plus au point

Soumis par Mazinger Z le 06 octobre 2009 - 23:48.

Comment voulez-vous que la cause de français progresse quand on rencontre une mentalité de pessimiste comme celle-là? Au lieu de se battre et exiger mordicus de parler français, le monde ont honte de leur langue et virent immédiatement en anglais dès qu'ils voient un anglophone.

McGill n'est pas là la cause du déclin du français. C'est juste un prétexte pour se disculper car nous ne foutons strictement rien pour protéger notre langue. Le déclin est causé par nous-même seulement.

Rappelez-vous la fierté des Québécois dans les années '70-'80 qui ont rehaussé le français à Montréal grâce à la loi 101. Ça faisait pitié avant avec des commerces affichant en anglais seulement et le nom des rues uniquement en anglais aussi. Les Québécois se sont battus et le français a progressé. Dans ce temps-là, ils ne se laissaient pas intimider et rebaissé car ils s'adressaient en français.

Mais on dirait, pour une raison que j'ignore, que ce courage est maintenant chose du passé et les Québécois ont de nouveau honte de parler français chez eux, comme c'était le cas avant la loi 101.

C'est ce courage qu'il faut retrouver collectivement. Sans courage, le français ne pourra que régresser davantage.

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