Libre opinion - Le français au Québec : culture ou handicap? - Ces sourds qui donnent l’exemple!

La soumission d’un formulaire sur cette page a été désactivée, car JavaScript n’est pas activé dans votre fureteur.

Billet de Louis Lapointe, Vigile, 5 octobre 2009.

« On a parfois l’impression que, pour de nombreux Québécois, le fait de ne pas parler la langue anglaise, seulement le français, constituerait une gênante infirmité. Un complexe que n’ont pas les sourds qui considèrent souvent leur handicap comme une culture parce qu’ils se sont inventé une langue commune et donné des outils de communication modernes. Tout à fait le contraire de plusieurs Québécois qui croient que leur langue et leur culture sont devenues de sérieux handicaps, même au Québec.

----------
Encore une fois, les sourds auront fait preuve d’avant-garde. Ceux que l’on considère comme des handicapés, parce qu’ils ne peuvent pas entendre ce que leurs congénères disent tout haut, ont inventé une langue signée leur permettant de communiquer entre eux et avec les autres.

Parce qu’ils l’ont fait en silence, peu de Québécois savent que plusieurs sourds en connaissent plus qu’eux en matière de traduction simultanée et d’interprétariat. Au Québec, il existe plusieurs langages signés, dont la LSQ, une vraie langue avec sa propre grammaire. Parce qu’ils ont leur langue, plusieurs sourds croient volontiers qu’ils partagent une culture commune plutôt qu’un handicap.

Mes lecteurs le savent probablement, je suis administrateur d’un établissement public pour personnes sourdes. Il n’y a pas une réunion à laquelle j’assiste en compagnie de ces personnes sans qu’il y ait un service de traduction simultanée et un système de transmission électronique de la voix pour les malentendants qui soient offerts aux participants.

En lisant l’article de Christian Rioux dans le Devoir de vendredi dernier - Méchante langue - et le commentaire qu’en a fait Thérèse-Isabelle Saulnier hier dans la tribune libre de Vigile, j’ai réalisé que ce qui était pour moi une évidence depuis une dizaine d’années, n’avait pas encore été découvert par la majorité des Québécois.

La traduction simultanée est un merveilleux outil qui facilite la communication entre personnes de langues différentes. Le Québec offre à sa population sourde un réseau d’interprètes gestuels et des moyens électroniques pour faciliter la communication, comme la vidéo, pour ceux qui pratiquent la lecture labiale ; la transmission FM pour les malentendants et les implants cochléaires pour les sourds profonds.

Les sourds se sont donné au fil des années des moyens modernes de communiquer entre eux et avec les autres, profitant des avancées technologiques en audiologie, en audio-visuel et en informatique. Des outils qu’ils sont nombreux à utiliser.

On se demande bien pourquoi dans le même pays, les Québécois continuent d’agir en véritables colonisés quand il s’agit de communiquer dans une langue qu’ils connaissent peu ou pas, de façon intelligible et intelligente, alors que les personnes sourdes ont résolu de semblables problèmes de communication en utilisant les technologies les plus avancées, sans que cela ne suscite la moindre honte chez elles, comme cela devrait être le cas pour Louise Harel et Pauline Marois et plusieurs Québécois qui ne maîtrisent pas la langue de Shakespeare.

On a parfois l’impression que, pour de nombreux Québécois, le fait de ne pas parler la langue anglaise, seulement le français, constituerait une gênante infirmité. Un complexe que n’ont pas les sourds qui considèrent souvent leur handicap comme une culture parce qu’ils se sont inventé une langue commune et donné des outils de communication modernes. Tout à fait le contraire de plusieurs Québécois qui croient que leur langue et leur culture sont devenues de sérieux handicaps, même au Québec. »

Source.

Une occasion ratée.

Soumis par Jean Archambault le 10 octobre 2009 - 18:57.

Il est particulièrement navrant que la place du français et sa fragilité à Montréal ne fassent pas partie des enjeux majeurs de la présente campagne électorale. En relisant les plates-formes des trois principaux partis de Montréal, le renforcement du caractère français de Montréal n’est pas une idée-phare que nous retrouvons dans le contenu des programmes. Des personnes me répondront que la question de la langue est de juridiction provinciale; mais le vouloir-vivre en français relève beaucoup plus des autorités locales. Sur ce plan, les trois partis me semblent bien silencieux.

Union Montréal se satisfait du statu quo. Vision Montréal dit globalement que Montréal est une ville française et cosmopolite. Madame Harel veut éviter à tout prix de froisser la susceptibilité de la communauté anglophone. Quant à Projet- Montréal, on se réfugie dans la promotion de la diversité culturelle sans avoir une proposition claire quant au renforcement de la langue française.

En somme, sachant la question du français à Montréal est porteuse de divisions, les partis municipaux l’écarte de leur programme. C’est une occasion manquée car le statut du français à Montréal est une problématique inévitable dans les prochaines années. La vision électoraliste à cour terme des partis a prévalu sur la nécessité urgente de constater le déclin du français à Montréal et de proposer des solutions pour y remédier très rapidement.

Jean Archambault

Connexion utilisateur

Vous pouvez faire la différence!

Bulletin du MMF

Abonnez-vous au bulletin électronique du MMF.

Ajouter à vos signets

Le site 
La page 
© 2006–2010, Mouvement Montréal français et ses partenaires.
Les opinions exprimées par les auteurs ne représentent pas nécessairement les positions du MMF.