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Création de deux CHU à Montréal - Pierre Falardeau s’attaque à McGill

Francis Pouliot, Quartier Libre, le journal indépendant des étudiants de l'Université de Montréal

« Le manque de nationalisme et l’inertie des Québécois mèneront à la mise en chantier du centre hospitalier universitaire de McGill, selon Pierre Falardeau. Le cinéaste s’insurge face à ce projet et ne souhaite pas le voir se mettre en branle.

Le cinéaste Pierre Falardeau estime que la création du McGill University Health Center, le MUHC, constitue un danger pour la langue française au Québec. Selon lui, elle met en relief le favoritisme à l’égard de la population anglophone de Montréal.

M. Falardeau est aussi d’avis que le feu vert donné à la création du MUHC et les tergiversations dans le dossier de son équivalent francophone, le centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), confirment son hypothèse.

Invité au pavillon 3200, Jean-Brillant par le mouvement des étudiants souverainistes de l’Université de Montréal (MÉSUM), M. Falardeau a livré son plaidoyer devant une salle comble d’étudiants, le 29 janvier. Le fervent nationaliste a dépeint la création du MUHC comme étant un symptôme de l’exploitation des Québécois par l’Empire britannique. « L’Université McGill a été fondée sur le sang et la sueur de nos ancêtres canadiens-français, et aujourd’hui, affirme M. Falardeau, le projet du MUHC est un héritage de ce néo-colonialisme canadien-anglais. », scande-t-il.

Maux de la langue
René Boulanger est porte-parole de la coalition pour un seul méga CHU, qui revendique la création d’un seul hôpital bilingue. Selon lui, la création du MUHC favoriserait la population anglophone de Montréal et contribuerait au recul de la langue française. M. Boulanger pense que le centre hospitalier anglophone serait un incitatif supplémentaire à apprendre l’anglais pour les allophones, ce qu’ils sont déjà plus enclins à faire que de « s’intégrer à la culture québécoise », affirme M. Boulanger.

D’après Sheila Moore, responsable des relations publiques du MUHC, « un tel projet serait ingérable ». Mme Moore souligne que « rares sont les villes qui ont deux tels centres hospitaliers » et que Montréal a un fort potentiel de recherche biomédicale. Elle juge que « la question n’en est pas une de langue, mais de service à la population ».

Contrairement à plusieurs groupes nationalistes, comme la Société Saint-Jean-Baptiste et l’Action nationale, le Parti québécois est du même avis que Mme Moore, à savoir que si la question linguistique n’a pas été abordée quant aux deux hôpitaux, c’est que justement il n’y a pas d’enjeu linguistique. D’après Éric Gamache, attaché de presse de l’aile parlementaire du Parti québécois, « Le MUHC n’est pas un hôpital anglophone, c’est un hôpital où les services sont aussi offerts en français, c’est la loi. Il a autant le droit d’exister que le CHUM. »

Le 29 janvier, la journée même où Pierre Falardeau livrait sa conférence à l’UdeM, on apprenait que Sylvain Villiard, responsable du projet du nouveau CHUM au centre-ville de Montréal, avait quitté ses fonctions. Son médecin lui a suggéré de prendre un congé de maladie. »

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