Les "Muséums Nature Montréal" offrent actuellement dans leurs boutiques de souvenirs un petit guide sur Montréal. Le guide en question (intitulé "Montreal", édité par Irving Weisdorf & Co. Ltd, Markham Ontario) compte une soixantaine de pages, est offert en plusieurs versions (notamment italienne, espagnole, anglaise et allemande), et serait très populaire auprès des touristes et des communautés culturelles, m'a-t-on annoncé aujourd'hui au Biodôme de Montréal.
En voyant ce guide, je me suis dit qu'il s'agirait peut-être d'une bonne manière de faire connaître Montréal, deuxième ville française de la planète, à une amie espagnole. Mais quelle ne fut pas ma surprise, en le feuilletant, de découvrir que les noms de lieux, quelle que soit la version, y sont exclusivement écrits... en anglais. Oui, oui, en anglais, comme s'y on présentait une ville anglophone, comme Boston, Toronto ou New York! Par exemple, on peut lire (dans la version espagnole) : "Montreal, una isla en el río St. Lawrence", ou encore "Mount Royal es para los habitantes de Montreal, un hito [...]"!!! Les toponymes St. Lawrence et Mount Royal" se retrouvent partout dans ces guides, quelle qu'en soit la version! Est-ce nécessaire de rappeler qu'il n'y a rien de plus francophone que le baptême de ces deux entités géographique? C'est Samuel de Champlain qui a baptisé notre fleuve "grande rivière de Saint-Laurent" vers 1604, et c'est nul autre que Jacques Cartier qui, en 1535, a baptisé Mont-Royal cette colline qui surplombe notre ville.
À la limite, on eût pu traduire ces deux termes dans la langue de la version considérée (en espagnol par exemple, fleuve Saint-Laurent se traduirait très bien par río San Lorenzo, et Mont-Royal, quant à lui, se rend très bien par Monte Real (ce sont d'ailleurs les toponymes que l'on retrouve dans les livres de référence hispanophones pour désigner notre fleuve et le Mont-Royal), mais pourquoi n'avoir retenu que l'anglais?
En utilisant une toponymie anglaise, en plus d'imposer une lecture biaisée de notre histoire, le message que ce guide envoie aux touristes et aux immigrants est que Montréal est une ville surtout anglophone. Et ce qui est d'autant plus affligeant, c'est que ce guide se vendrait "comme des petits pains chauds" (dixit les préposé-es aux caisses du Biodôme).
Par ailleurs, à la page 8 de la version hispanophone, on peut lire un passage particulièrement troublant (un paragraphe d'une dizaine de lignes) dans lequel on souligne que le déclin économique de Montréal s'explique par le nationalisme québécois!!!
Moi, j'aimerais bien qu'on retire carrément ce guide des points de vente des "Muséums Nature Montréal" car il impose une image totalement fausse de la réalité historique et linguistique de notre métropole, et qu'il constitue rien moins qu'une insulte à l'endroit de notre mémoire et de notre identité. Comment les gestionnaires de ces attractions touristiques ont-ils pu accepter de diffuser une telle médiocrité?
Pour terminer, voici d'autres toponymes, essentiellement écrits en anglais, que l'on retrouve dans ces guides, quelle qu'en soit la version.
>
Les exemples n'en finissent plus. Ce torchon largement diffusé, en plusieurs langues par dessus le marché, est une insulte à nos aïeux qui payèrent souvent de leurs vies le prix de ce pays. Après ça, on se demandera pourquoi les immigrants ne nous respectent pas: les gestionnaires de nos attractions touristiques, en diffusant largement de telles inanités, n'ont-ils pas une part importante de responsabilité dans la minorisation de l'usage de la langue française sur l'Île de Montréal?
Cela dit, si tant est que ce problème vous affecte autant que moi, que proposeriez-vous comme moyens d'action?
Abonnez-vous au bulletin électronique du MMF.
Commentaires récents
il y a 1 semaine 1 jour
il y a 1 semaine 1 jour
il y a 1 semaine 1 jour
il y a 1 semaine 1 jour
il y a 1 semaine 2 jours
il y a 1 semaine 2 jours
il y a 1 semaine 2 jours
il y a 1 semaine 2 jours
il y a 1 semaine 3 jours
il y a 1 semaine 3 jours