Envoyé au MMF le 4 juin 2009 par Claude Bachand.
Ce texte a aussi été publié dans la section Opinion du journal Le Devoir du 7 juin 2009.
Note qui accompagnait le texte : Je me permets de vous envoyer un petit texte qui exprime mes sentiments devant l'obligation que se donnent nos politiciens et politiciennes québécois de parler anglais.
J'y vois encore et malheureusement un réflexe de colonisé. J'attends vos commentaires. Vous pourriez aussi si vous le désirez l'utiliser, en tout ou en partie, dans le bulletin du M.M.F.
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« L’actualité québécoise et montréalaise m’amène à penser que le peuple québécois n’est pas encore débarrassé de son complexe d’infériorité. Malgré une certaine confiance acquise depuis la Révolution tranquille, de nombreux signes nous démontrent que la thérapie à laquelle nous conviait le docteur Laurin, le père de la loi 101, n’est pas terminée. Et particulièrement chez nos élites politiques…
Après s’être moqué de madame Marois, dont on a fait rejouer cette semaine l’extrait dans lequel elle tente péniblement de répondre en anglais à une question d’un journaliste anglophone, on s’en prend maintenant à madame Louise Harel qui se présente à la mairie de Montréal. Dans tous les journaux, on s’interroge sur la capacité de celle-ci de s’exprimer en anglais pour communiquer avec la minorité anglophone. Madame Michèle Ouimet, dans La Presse du jeudi 4 juin, dit ceci : « Mme Harel a essayé de se défendre dans un anglais boiteux, presque douloureux. Un exercice qui frisait la torture. Son passé va la hanter, son anglais minimaliste aussi. Peut-on être maire de Montréal sans parler anglais? La question se pose. » À propos des difficultés de madame Harel de s’exprimer en anglais, l’ancien maire de Westmount, monsieur Peter Trent, y va des commentaires suivants : « C’est certain que c’est un manque de politesse et de respect pour la moitié de la population montréalaise. » En passant, il faudrait rappeler à monsieur Trent que les anglophones, à part dans ses rêves, ne composent pas la moitié de la population montréalaise : ils constituent 20% de celle-ci. Il ne faut pas compter parmi eux, les allophones qui constituent au moins un autre 20% et qui devraient s’ajouter normalement aux francophones.
Or, pourquoi les politiciens québécois devraient-ils répondre en anglais à des journalistes québécois qui travaillent pour des quotidiens anglophones? Pourquoi ces journalistes ne posent-ils pas leurs questions en français? Pourquoi les politiciens montréalais devraient-ils s’adresser aux Montréalais dans une autre langue que le français? Le français n’est-il pas la SEULE langue officielle du Québec? Et Montréal ne fait-elle pas partie du Québec? Tous les journalistes de Montréal ne devraient-ils pas parler français?
Tous les politiciens québécois, qui constituent une partie de notre élite, devraient n’utiliser que le français, la langue de la majorité des Québécois et celle de l’intégration des immigrants. Pourquoi demander aux citoyens d’insister pour se faire servir en français dans les commerces de Montréal alors que nos politiciens eux-mêmes acceptent qu’on leur pose des questions en anglais et y répondent même en anglais?
Mesdames Marois et Harel ne doivent pas être gênées ou mal à l’aise si elles ne maîtrisent pas une deuxième langue, très peu de leurs collègues politiciens canadiens en sont capables et ils ne s’en portent pas plus mal. Alors, dehors les complexes et dans toutes vos fonctions officielles, donnez l’exemple à la population, redonnez-lui confiance pour qu’elle puisse exiger en retour qu’on lui parle français à l’hôpital, au travail, dans les commerces, partout. À moins que le Québec soit devenu bilingue…il faudrait nous le dire. »
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